Main-d’œuvre : les entreprises de la MRC de Drummond sonnent l’alarme
Un nouveau rapport de Drummond économique met en lumière l’ampleur des défis de recrutement et les impacts des restrictions au Programme des travailleurs étrangers temporaires.
Drummond économique dévoile aujourd’hui son Bilan main-d’œuvre 2026, une étude réalisée auprès de 50 entreprises de la MRC de Drummond représentant près de 4 700 emplois. Le rapport dresse un portrait préoccupant du marché du travail régional et confirme que les enjeux de recrutement demeurent l’un des principaux freins à la croissance des entreprises.
Selon les résultats du sondage, 78 % des entreprises interrogées affirment faire face à des difficultés de recrutement. À elles seules, les organisations répondantes ont déclaré 215 postes vacants, un chiffre qui sous-estime vraisemblablement les besoins réels du territoire.
« Les résultats démontrent clairement que la rareté de main-d’œuvre continue d’exercer une pression importante sur nos entreprises. Derrière ces statistiques se cachent des occasions d’affaires manquées, des projets reportés et des défis quotidiens pour maintenir les opérations. Il est essentiel de poursuivre nos efforts collectifs afin de soutenir la croissance économique de la région », souligne Gerry Gagnon, directeur général de Drummond économique.
Les métiers techniques demeurent les plus difficiles à pourvoir
Le rapport révèle que les entreprises peinent particulièrement à recruter des électromécaniciens, des ingénieurs, des tôliers, des programmeurs informatiques, des machinistes et des soudeurs. Ces professions sont essentielles au maintien de la compétitivité du secteur manufacturier, pilier de l’économie de la MRC de Drummond.
Les défis ne se limitent toutefois pas au secteur industriel. Les entreprises des secteurs du commerce, de la restauration, des services professionnels et du milieu municipal rapportent également des difficultés importantes à attirer et retenir la main-d’œuvre nécessaire à leurs activités.
Le recrutement international demeure indispensable
Plus de la moitié des entreprises sondées ont eu recours au recrutement international au cours des dernières années. Les répondants ont accueilli 348 travailleurs étrangers temporaires en 2024 et 2025, dont 215 sont toujours en emploi aujourd’hui. Au total, 350 travailleurs étrangers temporaires occupent actuellement un emploi au sein des entreprises participantes.
Bien que la récente réouverture du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) pour une période de deux ans constitue une nouvelle encourageante pour les employeurs et les travailleurs déjà établis au Québec, les restrictions imposées dans les derniers mois au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) continuent de susciter de vives inquiétudes au sein du milieu économique régional. Parmi les entreprises ayant recours au recrutement international, 81 % affirment être affectées par ces mesures.
Les impacts observés sont concrets, comme l’abandon de projets de recrutement, la réduction de la production, le report d’investissements et, dans certains cas, le refus ou annulation de contrats. Plus inquiétant encore, 41 % des entreprises touchées estiment que leur survie pourrait être compromise si la situation perdure.
« Pour plusieurs employeurs, le recrutement international n’est pas un choix de convenance, mais une nécessité. Les restrictions actuelles créent de l’incertitude et fragilisent des entreprises qui contribuent directement à la richesse collective de notre région », ajoute Gerry Gagnon.
Des actions concrètes pour soutenir les entreprises
À la lumière des résultats obtenus, Drummond économique entend poursuivre et renforcer ses interventions afin de soutenir les employeurs de la région. L’organisation poursuivra notamment ses efforts d’accompagnement en matière de recrutement international, de veille réglementaire et de représentation auprès des gouvernements.
Drummond économique déploiera également une stratégie visant à accroître la visibilité de la plateforme Choisir Drummond, qui permet aux entreprises de promouvoir leurs occasions d’emploi et de faire rayonner les avantages de vivre et travailler dans la région.
L’organisme poursuivra enfin l’organisation d’événements de recrutement et le développement d’outils permettant de mieux suivre l’évolution du marché du travail régional.